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Récif fossile

Histoire naturelleNewsScience

Quoi de plus surprenant qu’une petite promenade sur un platier corallien dans les environs de… Marseille! Cette improbable situation est en effet possible en raison de la caractéristique principale des scléractiniaires: la possession d’un squelette carbonaté dur qui fossilise très facilement. Certains d’entre nous connaissent probablement le petit port de Carry-le-Rouet, situé à une trentaine de kilomètres de Marseille.

 

 

Tout au long des côtes de ce petit village on observe des successions de sédiments marins et continentaux datés de la fin de l’Oligocène (28 MA) au début du Miocène (20 MA). Cette succession de sédiments est une excellente archive climatique. Au début de la promenade sur les rochers, on remarque facilement la forme typique d’un platier corallien qui s’étend sur environ un kilomètre.

 

 

 

En regardant de plus près, on réalise rapidement que les rochers sont remplis de coraux fossiles et qu’il est même facile de reconnaitre certains ‘best-sellers’ comme des squelettes d’Acropora ou de Caulastrea! Le récif a connu sa plus forte diversité durant la période la plus chaude de l’Aquitanien (23 MA). La biodiversité corallienne consiste dans des colonies massives de Poritidae et de Faviidae, des Mussidae, des Dendrophyliidae et des branches fragmentées d’Acroporidae (Galloni, 2003).

 

Porites

 

Turbinaria

 

Tarbellastreae

 

Mussismili

 

Caulastrea

 

Acropora

 

L’alternance de fragments d’Acropora et de sédiments fins aurait été produite par des tempêtes épisodiques dans un lagon relativement profond  (Demory et al. 2011).

 

 

 

D’autres organismes fossiles associés à la biocénose corallienne peuvent également être observés, tels que des mollusques (Gastéropodes et Lamellibranches), des oursins et des algues rouges calcaires.

 

Assemblage de mollusques

 

 

Dépôt de lamellibranches

 

 

Coquilles de gastéropodes

 

 

Algue rouge coralline

 

 

Les paléontologistes connaissent de nombreux autres sites sur le pourtour de la méditerranée, riches en coraux fossiles incluant différents type de récifs. Au cours de l’Oligocène et du Miocène, les eaux de surfaces Méditerranéennes étaient riches en Scléractiniaires, leur diversité étant contrôlée par la température des eaux de surfaces. En effet, les récifs coralliens méditerranéens sont apparus durant les transitions glaciaire-interglaciaire. Ainsi, avec un besoin croissant de données pour mieux comprendre la réponse des récifs coralliens au changement climatique, les récifs fossiles méditerranéens constituent une base de donnée paléontologique unique pour l’étude des changements spatio-temporels des écosystèmes récifaux.

 

Références

GALLONI F (2003) Organisation sédimentaire et anatomies récifales des systèmes carbonatés à silicoclastiques oligo-miocènes inférieurs de Provence et du bloc corso-sarde. – PhD Thesis, Université of Provence, Marseille, 300 p.

FRANÇOIS DEMORY, GILLES CONESA, JULIEN OUDET, HABIB MANSOURI, PHILIPPE MÜNCH, JEAN BORGOMANO, NICOLAS THOUVENY, JULIETTE LAMARCHE, FRANCK GISQUET and LIONEL MARIÉ (2011) Magnetostratigraphy and paleoenvironments in shallow-water carbonates: the Oligocene-Miocene sediments of the northern margin of the Liguro-Provençal basin (West Marseille, southeastern France). Bull. Soc. géol. Fr., t. 182, no 1, pp. 37-55